de la seconde armée de la Loire

       

4 au 13 Décembre 1870

Décembre : 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13

Sources : d'Aurelle, du Casse, Chanzy, Grenest, Lambert, Lehautcourt, Rousset

Après la défaite de Loigny (2 décembre), les prussiens occupent Orléans. Le général Chanzy décide de faire face à l'ennemi en reconstituant ses troupes en repli tout en protégeant Tours. Son but est de reprendre Orléans.

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La ligne de défense de Josnes :

4 décembre

Situation des troupes françaises

Repli sur la ligne de Josnes

-

6 décembre

Foinard et Meung

7 décembre

Vallière
Langlochère et Messas
Beaumont et Cravant

8 décembre

Lorges
Beaumont
Beaugency

9 décembre

Villermain
Villorceau
Chambord

10 décembre

Villejouan

11 décembre

Villermain
Séris

12 décembre

Maves

Documents sur la ligne de défense de Josnes :

Récits :
- Lehautcourt : "Campagne de la Loire, Coulmiers et Orléans", pages 1 à 74
- Rousset : "Histoire générale de la guerre franco-allemande", tome 4, pages 248 à 283
- Chanzy : "La deuxième armée de la Loire", pages 101 à 172


 

"L'immense plaine entre le Loir et la Loire qui comprend la Beauce, l'orléanais et le Blaisois, à part les bois qui entourent Orléans et la forêt de Marchenoir, n'offre que très peu de positions défensives. La seule réellement sérieuse est celle que donne cette dernière forêt, qui s'étend de Morée jusqu'à Poily, sur une longueur de vingt kilomètres. De Lorges à Beaugency, le terrain est plus accidenté que dans les autres parties de la plaine, les villages et les fermes y sont plus rapprochés; c'est la trouée par laquelle peut passer un ennemi venant de la direction d'Orléans et marchant sur Tours. En occupant fortement cet espace, qui n'est que de onze kilomètres, et la forêt de Marchenoir, on tient ainsi tout le pays, du Loir à la Loire, et on couvre tout le cours inférieur de ce fleuve.
Le général commandant en chef de la 2e armée, décidé à tenir tête à l'ennemi et à attendre, le plus près possible d'orléans et de Paris, que les circonstances et le concours que la 1e armée pourrait préter une fois organisée, permissent de reprendre les opérations vers le nord, prit donc le parti de s'établir fortement sur les positions en avant de Josnes, appuyant sa gauche à la forêt de Marchenoir et sa droite à la Loire, à hauteur de Beaugency. " Général Chanzy

Journée du 4 décembre 1870 :

Situation des 16 e et 17e corps le 4 décembre :

Après l'évacuation d'Orléans, les forces françaises sont regroupées en arrière de la forêt de Saint-Liphard, entre la route de Coulmiers et la Loire.

 

Mouvement de retraite prescrit par le général Chanzy : (instructions du 4 décembre 1870) (Chanzy_94__102)

Journée du 5 décembre 1870 :

A 7h du matin, les troupes du 15e corps quittent la Ferté-Saint-Aubin pour se diriger sur la Motte-Beuvron.
La marche se fait en bon ordre. Le général d'Aurelle réorganise les régiments.
Le général des Pallières, qui faisait l'arrière-garde avec sa première division et une brigade de cavalerie, arrive à la Motte-Beuvron, à 15h, sans avoir été inquiété par l'ennemi. (Aurelle_353)

Gambetta envoie une dépêche aux préfets et sous-préfets sur la situation d'Orléans mettant en cause la responsabilité du général d'Aurelle. (Aurelle_359_388)

La journée se passe sans engagements pour les 16e et 17e corps qui effectuent leurs déplacements comme prévu et viennent prendre position de Poisly à Beaugency avec le quartier général à Josnes. (Chanzy_97__105).

Reconstitution de l'armée de la Loire

La délégation gouvernementale de Tours décide la création de deux armées d'opérations sur la Loire :

La première, sur la rive gauche sous les ordres du général Bourbaki, constituée des 15e, 18e et 20e corps.
La deuxième sur la rive droite, sous les ordres du général Chanzy, avec les 16e, 17e corps et 21e corps.
(Chanzy_102__110)

L'organisation du 21e corps sous les ordres du général Jaurès n'est pas achevée. Il ne compte à ce moment que trois divisions ; la quatrième, est en voie de formation sous la direction du général Gougeard.

Le 21e corps occupe les communes d'Ecoman, Marchenoir et Saint-Laurent des Bois. (Chanzy_104__112).


Général Auguste Gougeard (1827 - 1884)
gravure de Chevallier 1913

La brigade Pâris (1e brigade, 1e division, 17e corps) stationne à Binas.
La division Gougeard (4e division, 21e corps) est sur Ardenay.
La division Maurandy (3e division 16e corps) est sur Blois.
La division Barry (2e division, 16e corps) est sur Mer.

Suite aux échecs des forces françaises sur Orléans, le ministre de la guerre avait envoyé, de Tours sur Beaugency, les troupes du général Camô.
Cette colonne, rejoint les rangs de l'armée du général Chanzy, et forme l'extrême-droite des lignes. (Lambert_167_169)

Composition de la colonne mobile du général Camô, détachée du 19e corps en formation à Tours :
- 16e bataillon de marche de chasseurs, -un régiment de marche de gendarmes a pied,
- 59e de marche,
- 27e et 88e régiments de mobiles (Isère, Indre-et-Loire),
- francs-tireurs de l'Ain,
- 4 régiments de marche de cavalerie, -un régiment de gendarmerie à cheval,
- 5 batteries. (Ducasse_229)

Le général Chanzy rend compte au ministre de la guerre de la journée du 4 décembre. (Dépêche du 5 décembre 1870) (Chanzy_97__106)

 

Positions des troupes du général Chanzy

Le général Chanzy donne les instructions à ses troupes pour la journée du 6 décembre.
(Instructions du 5 décembre 1870) (Chanzy_104r__112)

Ces dispositions établissent les différentes colonnes pour pouvoir se porter mutuellement appui et faire face aux allemands.

Le 21e corps reste chargé de la défense de la forêt de Marchenoir.
Il a à sa gauche les différents corps de francs-tireurs
La 1e division du 16e corps s'établit à Lorges, en face de la pointe Sud-Est de la forêt de Marchenoir.
La cavalerie du 16e corps met cette division en communication avec le 21e corps à gauche.
Les trois divisions du 17e corps occupent la ligne Cravant-Villorceau-Messas, en portant leurs avant-postes jusqu'au delà de la route de Charsonville.
Le général Maurandy, 3e division du 16e corps, doit passer la Loire à Beaugency, pour aller occuper le parc et le château de Chambord, afin de garder les abords de Blois, sur la rive gauche.
Le général Barry, 2e division du 16e corps, doit se porter sur Blois et mettre cette ville en état de défense, en laissant une de ses brigades à Mer, pour surveiller la route qui longe le fleuve sur la rive droite.

La ligne de bataille s'étend le 5 au soir, de Saint-Laurent-des-Bois jusqu'à Meung : sa droite appuyée à la Loire, sa gauche contre la forêt de Marchenoir. (_)

Les bavarois ont occupé Orléans dans la nuit du 4 au 5. Le reste de l'armée du grand-duc de Mecklembourg fait son entrée dans la matinée du 5.
Le IXe corps, sous les ordres du général Manstein, entre ensuite, suivi par les deux divisions du IIIe corps (général d'Alvensleben).
Le prince Frédéric-Charles, dont le quartier général était à Cercottes, le 4 au soir, arrive à Orléans, le 5, à deux heures de l'après-midi.
L'état-major allemand n'a aucune idée de la situation exacte des différents corps français, au lendemain de leur retraite.
Le prince Frédéric-Charles est persuadé que l'armée de la Loire toute entière a été rejetée en désordre, sur la rive gauche de ce fleuve.
(Lambert_162_163)

Dispositions prises par le prince Frédéric-Charles

Frédéric-Charles prince de Prusse
(1828 - 1885)
gravure de Robert

Aperçu des dispositions prescrites par le commandant en chef de l'armée allemande, dans la journée du 5 :

Le IIIe corps doit remonter la Loire par les deux rives à la fois; il a pour instructions de s'opposer au passage du fleuve par les détachements qu'il pourrait rencontrer.
Le général d'Alvensleben doit s'avancer ainsi jusqu'à Gien sans dépasser cette ville.

Le IXe corps doit passer sur la rive gauche de la Loire et se diriger sur Chambord et sur Blois, en prenant Tours pour objectif.
Ses instructions générales étaient les mêmes que celles du IIIe corps.

Le Xe corps doit venir à Orléans dans la journée du 6, afin de tenir garnison dans la ville et servir de réserve.

La VIe division de cavalerie doit se porter également sur la rive gauche de la Loire, et pénétrer en Sologne en suivant le mouvement de retraite des troupes françaises, sur Vierzon et Bourges.

L'armée du grand-duc de Mecklembourg doit descendre la rive droite de la Loire, parallèlement au IXe corps, qui descend la rive gauche. Leur objectif commun devant être l'occupation de Tours.
L'armée du grand-duc doit s'étendre à droite, de façon à s'appuyer par l'une de ses ailes au Loir, vers Châteaudun, tandis que l'autre doit s'appuyer à la Loire.

Les IIe et IVe divisions de cavalerie restent à la disposition du grand-duc, tandis que la Ve division (Rheinbaben) marche avec le IIIe corps sur Gien.
(_)

Effectifs des différents corps : 73000 hommes dont :

" Les trois corps amenés par le prince Frédéric-Charles, ayant parcouru, depuis Metz, une route très longue et sur laquelle leurs convois circulaient toujours, ils avaient dû laisser en arrière de forts détachements chargés de garder les différentes villes qui se trouvent sur la route, et de protéger en même temps les convois de vivres et de munitions contre les attaques des francs-tireurs.
C'est ainsi que le Xe corps avait, à cette époque, presque toute une division en arrière ; tous ces détachements devaient, du reste, rejoindre successivement leurs corps, au fur et à mesure qu'ils étaient relevés dans leurs positions par les troupes de landwehr, expédiées d'Allemagne, et dont la mission principale était précisément la surveillance des routes, en arrière des armées d'opérations.
Les trois corps allemands menaient avec eux une nombreuse artillerie qu'on peut évaluer à près de quatre-vingts pièces pour chacun d'eux.
Les quatre divisions de cavalerie qui opéraient sous les ordres suprêmes du prince Frédéric-Charles, comptaient environ dix mille cavaliers, parfaitement montés.
Nous avions donc en face de nous près de quatre-vingt-dix mille hommes, et ce chiffre, loin de diminuer, ne faisait que grossir au fur et à mesure de la rentrée des détachements, laissés en arrière." (Lambert_165_166)

Documents sur la retraite de l'armée :

Récits :
- Lehautcourt : "Campagne de la Loire, Coulmiers et Orléans", pages 380 à 393
- Rousset : "Histoire générale de la guerre franco-allemande", tome 4, pages 238 à 247

Journée du 6 décembre 1870 :

Positions des troupes du grand-duc de Mecklembourg

Le prince Frédéric-Charles a prescrit au grand-duc de Mecklembourg de poursuivre les colonnes françaises en retraite sur Beaugency.

Pour le grand-duc, comme pour le prince et son état-major, ce ne sont que des troupes en déroute ne pouvant présenter une résistance quelconque.
Cette illusion des états-majors prussiens qui ne se dissipe qu'après les affrontements des 7 et 8 décembre, explique les dispositions prises par le grand-duc de Mecklembourg dans la matinée du 6;

Le grand-duc de Mecklembourg est persuadé que la poursuite des troupes françaises est l'affaire de ses divisions de cavalerie.
Aussi il il étend sa ligne de bataille d'une façon démesurée.

La XXIIe division d'infanterie forme sa droite, le Ie corps bavarois est au centre;
la XVIIe division d'infanterie à gauche.

La IVe division de cavalerie couvre l'aile droite au-delà de Tournoisis.

La IIe division (Stolberg) s'avance à la fois le long de la Loire, et dans l'intervalle qui sépare les bavarois de la XVIIe division.

Toutes ces troupes quittent Orléans le matin du 6, et se dirigent sur les positions qui leur sont indiquées." (_)

Conformément aux (instructions du 6 décembre) (Chanzy_111r__120) du général Chanzy les troupes rejoignent leurs emplacements réparties sur une ligne de défense d'Ecoman à Meung-sur-Loire.

A 7h du matin, les troupes du 15e corps quittent la Motte-Beuvron. Elles arrivent à Salbris à midi, et l'arrière-garde à 14h.
Ver 15h, le général d'Aurelle reçoit sa révocation de commandant en chef du ministre de la guerre. (Aurelle_353)

Le ministre de la guerre relève le général d'Aurelle de son commandement. (Dépêche du 6 décembre 1870) (Aurelle_354)

Le général d'Aurelle donne réponse au ministre de la guerre en refusant son affectation à Cherbourg. (Dépêche du 6 décembre 1870) (Aurelle_354)

Combats de Foinard et Meung (rive droite).

(Romagny_28) (Ducasse_229) (Lehautcourt_9) (Chanzy_109r_118) ( rousset_252) (gfa2_613)

Le général Camô se porte le matin sur Meung, où on lui a signalé la présence de l'ennemi.
Arrivé à Foinard, avant Meung, il trouve son régiment de gendarmerie chargé de la défense de Meung en retraite sur Beaugency.
Ce régiment a été surpris par une forte reconnaissance ennemie (quelques escadrons de la 2e division de cavalerie (Stolberg)).
Le général Camô prend une bonne position et arrête la poursuite de l'ennemi, qui abandonne Meung et n'inquiète plus ce jour-là la 2e armée. (Ducasse_229)

Troupes françaises

Troupes prussiennes

1e régiment de gendarmerie à pied (six compagnies) de la division Camô.
Puis :
colonne du général Camô

IIe division de cavalerie (Stolberg), renforcée de la brigade des cuirassiers bavarois, d'un bataillon et d'une batterie à cheval. (Lehautcourt_9)

 

Les allemands s'emparent de Meung en repoussant les compagnies de gendarmerie chargées de la défense de la ville.

Dès le début de cet engagement, le général Camô s'était porté avec son gros dans la direction de Meung. Il occupa Foinard, la Bruère, Langlochère, à cheval sur la route d'Orléans à Blois, en appuyant sa gauche vers la Bourie et Beaumont. Cette démonstration suffit pour arrêter l'ennemi.
Celui-ci ne crut même pas pouvoir se maintenir à Meung. (Lehautcourt_9)
Bilan : La IIe division de cavalerie se replie sur Saint-Ay et la brigade bavaroise de cuirassiers sur Huisseau (Lehautcourt_9)


Meung

Le combat de Meung fit supposer au général Chanzy que les allemands allaient porter leur effort sur sa droite de façon à le couper de Tours et du centre de la France.
En conséquence, il prescrit à l'amiral Jauréguiberry d'établir avant le jour la 1ere division du 16e corps de Grand-Bonnevalet à Villorceau, de façon à relier le 17e corps à la colonne Camô.
Avec la division Barry, cette division servirait aussi de réserve sur la droite.
La 2e division du 21e corps (général Colin), remplace celle du général Deplanque à Poisly et à Lorges. (Lehautcourt_9)

Positions de l'armée le mardi 6 décembre au soir :
Le 17e corps forme le centre et s'étend de Villorceau par Cravant jusqu'à Lorme.
Le 21e corps reste dans ses positions.
Le quartier-général est à Josnes, à quelques kilomètres seulement en arrière des lignes.
La cavalerie du 16e, de même que celle du 17e corps, doit faire des reconnaissances spéciales et journalières, en se portant très en avant des lignes.
(Lambert_172)

Journée du 7 décembre 1870 :


Josnes

La Délégation gouvernementale quitte Tours et va s'installer à Bordeaux.

Le général d'Aurelle quitte Salbris et se retire de l'armée. (Aurelle_356)

Le lendemain matin de bonne heure, toute la ligne Allemande se mit en mouvement. (Lambert_173)

  

Engagement de Vallière

( rousset_254)

Deux colonne prussiennes (3 à 4000 hommes) sont en progression sur Marolles et Vallière.
La 3e division du 21e corps (général Guillon) parvient à contenir les assaillants qui se replient sur Binas. (Chanzy_115r_123)

Au même moment la 3e division du 17e corps est attaquée à Villermain.

Ces engagements à l'aile gauche précédaient un combat plus important sur la ligne Cravant-Meung.

   Combats de Langlochère et Messas

(Ducasse_232) (Lambert_173) (Chanzy_116r_124) (Grenest2_12) (Lehautcourt_11) ( rousset_255)

Un combat a lieu à Langlochére et à Messas à droite, sur la route de Beaugency à Chateaudun, entre la 1ere division du 16e corps, la division Camô et un fort parti ennemi. La lutte dure jusqu'à la nuit. (Ducasse_232)

Troupes françaises

Troupes prussiennes

colonne mobile du général Camô dont : 51e de marche et 88e mobiles
Puis :
1e division du 16e corps (Deplanque) dont : 33e mobiles, 37e de marche et 16e bataillon de chasseurs

76e et 90e régiments (colonel Manteuffel) de la XVIIe division prussienne (général Trekow)
Puis :
1e corps bavarois

 

 

Bilan : La nuit tombe et le combat devient inégal; l'infanterie française reprend ses positions occupées en début de journée.
Bilan : Repli sur Meung


Messas

   Combats de Beaumont et Cravant

(Ducasse_232) (Lambert_174) (Chanzy_116r_125) (Lehautcourt_15) ( rousset_256)

Dans l'après-midi, la 1e division du 17e corps (Roquebrune) s'engage dans un combat violent contre les colonnes prussiennes entre Cravant et Beaumont. Celles-ci sont finalement repoussées sur le Grand-Châtre et Baccon.


Beaumont

Cravant

 


Affrontements du 7 décembre 1870

Le général Chanzy rend compte au ministre de la guerre de la journée du 7 décembre. (Dépêche du 7 décembre 1870) (Chanzy_118r_127)

En fin de journée, les positions françaises sont sensiblement les mêmes que la veille;
Les avant-postes seulement ont dû se rapprocher des lignes.
Les allemands occupent la route de Charsonville à Meung, avec l'aile droite s'avançant jusqu'à Ouzouer-le-Marché dans la direction de Morée.
Le général Chanzy, satisfait des résultats de la journée, envisage une offensive pour le lendemain.
Il prescrit, en conséquence, au général Jaurès de s'avancer de Poisly et de Lorges dans la direction d'Ouzouer, pour repousser l'aile droite allemande sur Charsonville et Baccon. (Lambert_175)

Le général Chanzy donne les instructions à ses troupes pour la journée du 8 décembre.
(Instructions du 7 décembre 1870) (Chanzy_119r__128)

L'amiral Jauréguiberry est nommé commandant du 16e corps.
Le général Deplanque le remplace au commandement de la 1e division du 16e corps.

Positions occupées par les troupes françaises dans la nuit du 7 au 8 décembre :
La gauche est formée par le 21e corps, qui garde les débouchés de la forêt de Marchenoir.
La 2e division (général Colin) se trouve établie à Poisly, se reliant, par sa droite, avec la 3e division du 17e corps, à Lorges.
Le général Jaurès, avec la réserve, se trouve en arrière de ses lignes, à Marchenoir.
Le centre est formé par le 17e corps qui occupe, depuis Lorges, une ligne courbe passant en arrière de Cravant et de Cernay pour s'étendre jusqu'à Villorceau.
La route de Cravant à Beaugency est gardée par des avant-postes qui se relient à Messas avec la 1re division du 16e corps.
La droite, qui s'étend jusqu'à la Loire à Beaugency, est gardée par la 1re division du 16e corps et par les troupes du général Camô qui occupent Vernon.
L'amiral Jauréguiberry est chargé de la direction générale de la droite.
(Lambert_176)

Journée du 8 décembre 1870 :

   Combats sur Villermain, Poisly et Lorges

(Lambert_177) (Chanzy_123r_132) ( rousset_258)

Au point du jour, la bataille s'engage sur la gauche.

La division Colin, au moment de commencer son mouvement en avant, est attaqué par l'avant-garde de la XXIIe division prussienne, s'avançant par Mézières et Villermain.
Le général Wittich a fait établir ses batteries, augmentées de l'artillerie de réserve du corps bavarois, entre ces deux villages.
Le général Colin demande du renfort au général Jaurès, et le combat se poursuit pendant toute la journée.
Les troupes françaises conservent leurs positions.
Vers le milieu de la journée, le général Wittich, appelant à lui la IVe division de cavalerie du prince Albrecht, essaye de déborder la droite du général Colin, en faisant opérer plusieurs charges dans la direction de Lorges.
Les troupes françaises résistent aux assauts par un feu intense de mousquetterie.

La journée s'achève de cette façon : les français conservent leurs positions.

Les allemands qui ont subi des pertes très considérables, doivent se reporter en arrière, vers Ouzouer et Baccon, ne laissant que des avant-postes à Mézières et Villermain.
(Lambert_177)


Lorges

Mézières

Pendant que ce combat se livre sur la gauche, les deux divisions bavaroises, qui forment le centre des lignes allemandes, luttent contre le 17e corps.

  Combats sur Cravant, Cernay et Beaumont

Dès le matin, de bonne heure, le général Von der Tann a enlevé les villages de Cravant, de Beaumont et du Mée, qui n'étaient gardés que par des avant-postes.

Ses colonnes, s'avancent parallèlement, dépassent la route de Cravant-Beaugency, et se portent sur le petit village de Cernay.

Les batteries divisionnaires bavaroises sont établies sur une hauteur en arrière de Cravant.

Le général de Flandres, à la tête de la 3e division du 17e corps, se porte rapidement de Lorges sur Cernay pour arrêter l'offensive allemande.

Une lutte des plus acharnées s'engage tout aussitôt.

Le général de Flandres tombe grièvement blessé.

La 2e division du 17e corps vient soutenir la 3e, et pendant une partie de la journée, on se dispute la possession de Cernay.
(Lambert_177)

  Combats sur Villorceau et Beaumont

(Chanzy_125r_134) ( rousset_259)

Pendant ce temps, la 1e division du 17e corps (général Roquebrune) essaye de déborder la gauche des bavarois.
Elle s'avance de Villorceau sur Beaumont, au-delà de la route de Cravant-Beaugency.
L'amiral Jauréguiberry soutient ce mouvement en portant la 1ere division du 16e corps (général Deplanque) sur le village du Mée qui est bientôt contrôlé.
Une lutte intense s'engage autour de Beaumont. Le village est pris et repris plus de cinq fois.
Néanmoins, les bavarois, dont la ligne de bataille se trouve ainsi dans une direction presque perpendiculaire au front de leur armée, commencent à retirer les troupes engagées du côté de Cernay.
Ils concentrent leurs efforts dans la défense de Cravant qui brûle.
Le combat continue de cette façon jusqu'à la nuit.
Les français restent maîtres de la plupart de leurs positions, et, sur la route même de Cravant-Beaugency, les avant-postes occupent le village du Mée.
Les avant-postes bavarois se trouvent à Cravant.
(Lambert_178)

Troupes françaises

Troupes prussiennes

1e division (17e corps) général Roquebrune
1e division (16e corps) général Deplanque

1e corps bavarois, général Von der Thann

Bilan : Prise du village du Mée et occupation de Beaumont

Bilan : Retrait de Cernay sur Cravant


Villorceau

   Combats sur Messas, Vernon et Beaugency

(Chanzy_127r_137) ( rousset_261) (gfa2_628))

La XVIIe division d'infanterie prussienne réitère, dès le matin, ses attaques de la veille sur Beaugency.
L'amiral Jauréguiberry a porté la division Deplanque au soutien du général Roquebrune, dans la direction du Mée.
Messas ne reste gardé que par un bataillon.

L'avant-garde des prussiens, composée, comme la veille, des 76e et 90e régiments d'infanterie, repousse d'abord les avant-postes de la colonne Camô et enlève le village de Messas, pour se porter ensuite, par la route de Cravant, sur Beaugency.
La brigade de réserve s'avance en même temps sur cette ville en suivant la ligne du chemin de fer et la grand'route.
Le général Camô occupe, au nord-est de Beaugency, le petit village de Vernon.
Cette position était très bonne et les prussiens, pour l'atteindre, avaient à traverser un ravin, assez profond.
Des ordres émanés de Tours prescrivent au général Camô un mouvement en arrière.
Le général Camô ordonne à ses troupes d'évacuer Vernon, et ne laissant qu'une partie de sa colonne à Beaugency ; il reporte le reste en arrière jusqu'à Tavers, sur la route de Mer.
La division Deplanque, dont la présence est indispensable au centre, ne peut venir soutenir la colonne du général Camô. (Lambert_179_180)

 


Affrontements du 8 décembre 1870

Vers 21h, à la faveur de l'obscurité, deux bataillons de la XVIIe division d'infanterie pénétrent dans Beaugency.
Une grande panique se répand dans la ville. Les troupes que le général Camô avait laissées en arrière pour garder cette position, se retirent dans le plus grand désordre dans la direction de Mer, et les prussiens se trouvent définitivement maîtres de Beaugency.
Presqu'à la même heure, les avant-postes de la division Roquebrune se laissent malheureusement enlever, également par surprise, le petit village de Mée, que les bavarois occupent immédiatement en forces.
Les prussiens se trouvent ainsi en possession de toute la route de Beaugency à Cravant et au-delà jusqu'à Binas.

Les français réoccupent en fin de journée le village de Cernay. (Lambert_180_182)


Beaugency

Positions occupées par les troupes le 8 au soir :
Sur la gauche, le 21e corps occupe les mêmes emplacements que la veille : à l'Est de la forêt de Marchenoir, depuis Autainville et Saint-Laurent-des-Bois jusqu'à Lorges.
Au centre, le 17e corps s'étend depuis Lorges, par Ourcelles, jusqu'à Villorceau.
La droite occupe une ligne oblique de Villorceau à Tavers ; après le repli de la colonne Camô, la défense de ce côté repose sur sur la division Deplanque.
La ligne allemande, presque parallèle, suit la route de Binas à Beaugency.

La journée a été très sanglante. Les pertes sont considérables des deux côtés.
Le corps bavarois, surtout, a beaucoup souffert.
Dès le 7 au soir, le prince Frédéric-Charles, conscient de sa méprise sur les forces françaises, avait donné l'ordre au général Voigts-Retz de se porter au secours du grand-duc de Mecklembourg.
Le Xe corps quitte Orléans le 8 au matin, et arrive dans la journée à Meung ; il ne fut donc pas engagé, le 8.
(Lambert_181_182)

Le général Chanzy donne les instructions à ses troupes pour la journée du 9 décembre.
(Instructions du 8 décembre 1870) (Chanzy_133r_143)

La Délégation quitte Tours et va s'installer à Bordeaux, afin de n'être plus à la merci d'un coup de main de l'ennemi.

Le grand quartier général allemand investit le prince Frédéric-Charles du commandement supérieur de toutes les troupes sur la Loire. ( rousset_263)

Dispositions prises par le prince Frédéric-Charles :
Le prince Frédéric-Charles , en apprenant, dans la nuit du 8 au 9, les détails du combat de la journée, prit immédiatement des mesures pour réunir toutes ses forces contre le général Chanzy.
Le IIIe corps, qui se trouvait à Gien depuis la veille, fut rappelé sur Orléans, pour être porté ensuite sur Beaugency.
Le Xe corps, parti dès le matin, se trouve le 8 au soir à Meung, à la disposition du grand-duc de Mecklembourg.
Le grand-duc de Mecklembourg reçoit l'ordre de renvoyer à Orléans, le 1e corps bavarois du général Von der Tann. Ce corps ayant énormément souffert des derniers combats devait prendre du repos.
Les XVIIe et XXIIe divisions d'infanterie devaient rester sous les ordres du grand-duc de Mecklembourg, et former désormais le XIIIe corps d'armée.
Le IXe corps, descendant la rive gauche de la Loire, et se trouvant le 8 au soir, à Saint-Laurent-des-Eaux, reçoit l'ordre de hâter son mouvement sur Blois, afin de passer, si possible, le fleuve sur ce point et de prendre à revers la droite des lignes françaises..
Tous ces ordres sont expédiés dans la nuit même, et les mouvements prescrits doivent s'effectuer dès le 9 au matin.
(Lambert_184_185)

 

Journée du 9 décembre 1870 :

(Chanzy_138r_148)
Résistance française en arrière de Beaugency.
Forts affrontements à Villorceau, Villejouan (Chanzy_148r_151), Origny et Tavers(Chanzy_139r_150) (Lambert_187).

Dispositions prises par le général Chanzy :
L'extrême-droite des lignes françaises se trouve très en arrière vers Tavers, point de défense fragile.
Le général prescrit une rectification de la ligne de bataille, en établissant la division Deplanque (1re du 16e corps) à hauteur de Tavers, vers Toupenay.
Le 17e corps forme toujours le centre depuis Toupenay, par Ourcelles, jusqu'à Lorges.
Le 21e corps, forme la gauche depuis Lorges, par Poisly et Saint-Sauveur, jusqu'à Autainville.
(Lambert_185_186).

Combat de Cernay et Ourcelles

Sur la gauche, une forte canonnade se poursuit pendant tout le jour entre une partie du 21e corps et les batteries divisionnaires du général Wittich.

Au centre, les bavarois organisent leur repli ;
La 2e division opére sa retraite par échelons en arrière ;
elle doit rentrer le soir même à Orléans, conformément aux ordres du prince Frédéric-Charles.

La 1re division, pour masquer ce mouvement, lance une attaque sur les villages de Cernay et d'Ourcelles, occupés par la 2e division du 17e corps. (Chanzy_149).

 

A droite, la 1ere division du 16e corps (Deplanque) opére sa retraite sur Toupenay, pendant que la lre division du 17e corps (Roquebrune) est engagée vers Villorceau, contre des troupes de la division Treskow.(Rousset_265).
(Lambert_186).

Vers 15h le mouvement des bavarois est terminé et le Xe corps (général Voigts-Retz) s'est rapproché de leur ligne.

Les allemands commencent la véritable attaque de la journée. Leur plan est de repousser l'aile droite française le plus en arrière, de la séparer du centre, et de rejeter ensuite le centre sur l'aile gauche.

Combats de Tavers et Villejouan

(Chanzy_139r_150) (Lambert_187).

 

Tous les efforts allemands se portent, en conséquence, sur la ligne Toupenay-Tavers, que la XVIIe division d'infanterie doit attaquer, tandis que le Xe corps tout entier lui sert de réserve.

Le combat se prolonge jusqu'à la nuit ; la division Deplanque et les troupes de la colonne Camô, résistent à l'offensive.

Les allemands occupent un moment le village de Tavers, mais ils en sont repoussés en subissant des pertes considérables.(Rousset_266).

Les français restent maîtres de leurs positions.

Au centre, pendant ce temps, un fort affrontemente a lieu entre les XVIIe et XXIIe divisions prussiennes et le 17e corps. La journée se termine par l'occupation des fermes et villages de Villejouan et Villorceau . (Chanzy_152) (Rousset_265).

A gauche, le général Jaurès conserve toujours ses positions.
(Lambert_186_188) (Rousset_266).

 

Prise de Chambord par les Hessois
(Chanzy_151)
(Lambert_191)
(Rousset_268).

A la suite de la journée du 4 décembre, les 2e et 3e divisions du 16e corps s'étaient retirées en désordre sur Mer.
Depuis ce temps,le général Chanzy les avait dirigés sur Blois, dont il avait confié la défense au général Barry, en lui intimant l'ordre de tenir jusqu'à la dernière extrémité.

Une brigade de la 3e division, sous les ordres du général Maurandy, doit traverser la Loire pour garder les abords de Blois sur la rive gauche.
Quelques compagnies de francs-tireurs, s'établissent dans le parc et le château de Chambord, de façon à défendre les deux routes qui descendent d'Orléans, dans la direction de Blois.
La XXVe division du IXe corps allemand, sous les ordres du prince Louis de Hesse, descendait, dès le 6 décembre, la route d'Orléans à Tours et couchait, le 8, à Saint-Laurent-des-Eaux.
Dans la nuit du 8, Il reçoit l'ordre de presser son mouvement sur Blois, afin de repasser le fleuve sur ce point, et de prendre à revers la droite du général Chanzy. (Lambert_190_192).


Blois

Conformément à ces ordres, le prince de Hesse s'avance, dès le 9 au matin, contre le parc de Chambord, qu'il fallait occuper.
Par suite d'une négligence des francs-tireurs, les allemands entrent dans le parc et s'emparent du château.(Lambert_191). (Rousset_268).

La division du général Maurandy, se heurte à l'avant-garde de la XXVe division vers Montlivault. Elle se replit en désordre abandonnant des canons. (Rousset_268).

Gambetta arrive vers 18h à Josnes.
Il informe le général Chanzy que la délégation gouvernementale de Tours se déplace à Bordeaux. (Chanzy_000r_153) (Rousset_268).

Le général Chanzy donne les instructions à ses troupes pour la journée du 10 décembre.
(Instructions du 9 décembre 1870) (Chanzy_000r_154)

Journée du 10 décembre 1870 :

(Rousset_270)

Offensive française pour reprendre la ligne Beaugency - Cravant - Binas.

Le général Chanzy, satisfait de la bonne tenue des troupes, envisage un retour offensif, afin de reprendre, si possible, la ligne Beaugency-Cravant-Binas.

La journée du 10 devait être pour les allemands une journée de repos.

L'attaque du 10 causa un vif mouvement de surprise et de désappointement à l'état-major Allemand. (Lambert_188).


Villorceau

Le grand-duc de Mecklembourg, malgré les progrès qu'il avait faits depuis trois jours, n'était pas maître du tout de la situation.

Le mouvement commence sur la gauche et le général Jaurès, refoulant devant lui les troupes de la XXIIe division d'infanterie prussienne, réoccupe Villermain et Mézières,
tandis que les francs-tireurs, à l'extrême-gauche, s'avancent par Binas jusqu'à Ouzouer-le-Marché. (Lambert_188).

 


Mézières

Combat de Villejouan

(Chanzy_148)

Au centre, le 17e corps ayant établi de fortes batteries en arrière de Villorceau, fait subir des pertes énormes à la division bavaroise.
Le général Roquebrune, avec la 1ere division, livre un combat sanglant autour de Villejouan, à une partie des troupes de la XVIIe division d'infanterie prussienne qui s'était étendue de ce côté pour remplacer les troupes de la IIe division bavaroise, qu'on avait, dès la veille, renvoyée à Orléans.
Sur la droite, le général Deplanque s'est avancé avec la 1ere division du 16e corps, et les troupes du général Camô, de Tavers sur Beaugency.
Les troupes françaises ne peuvent s'emparer de cette ville où le Xe corps allemand s'est fortement établi.
Les allemands ne parviennet pas à entamer davantage les lignes françaises.

Bilan français positif : Lignes conservées au centre et à droite, succès incontestés sur la gauche. Le QG reste à Josnes.

La désorganisation du 15e corps ne permet pas à Bourbaki une tentative de secours de l'armée de la Loire.

Le général Chanzy ordonne pour le 11 la retraite sur Vendôme en prenant position sur la rive droite du Loir.

Gambetta est à Blois

Attaque de Blois par les Hessois

Gambetta repousse l'ultimatum du prince de Hesse concernant la reddition de Blois. (Lambert_192)

 

Journée du 11 décembre 1870 :

La 2e armée prussienne se met en retraite pour gagner la ligne du Loir, qu'elle atteint péniblement les 13 et 14, sans cependant que l'ennemi l'ait inquiétée sérieusement.
Frédéric-Charles quitte Orléans avec les IIIe et Xe corps et vient prendre la direction supérieure des opérations contre Chanzy. (Romagny_29)

Combat de Villermain

Au point du jour, la division Colin (2e du 21e corps) s'avance de Mézières et de Villermain, dans la direction de Baccon.
Une lutte assez vive s'engage aussitôt entre ces troupes, et celles de la division Wittich.
Le combat se prolonge jusqu'au soir, immobilisant toute la droite des allemands, qui ne peuvent déloger les français de Villermain.
(Lambert_193).

Combat de Séris

Au centre, les 2e et 3e divisions du 17e corps se portent en arrière et vont occuper les villages de Roches et de Concriers ;
La 1re division se dirige sur Séris, mais elle est attaquée par une brigade de la XVIIe division d'infanterie prussienne, qui est venue prendre la place des bavarois.
Le général Roquebrune repousse les colonnes ennemies et se maintient dans Séris.

A droite, le mouvement menace d'être plus dangereux ; c'est le point faible de la ligne française.
L'amiral Jauréguiberry dirige lui-même la retraite, qui doit s'effectuer de Toupenay sur Séris, pour la division Desplanques (lere du 16e corps), et de Tavers sur Avaray, pour la colonne du général Camô.

La 1ere division bavaroise, éprouvée la veille, doit partir à Orléans où se trouve déjà la IIe division du même corps.
La XVIIe division doit remplacer le corps bavarois, et former ainsi le centre des lignes allemandes, tandis que le Xe corps doit former leur gauche, en occupant les anciennes positions de la XVIIe division.

Tous ces mouvements sont en voie d'exécution dans la matinée du 11, et les allemands, n'ayant aucun soupçon des intentions du général Chanzy, laissent la droite opérer son mouvement de retraite sans presque l'inquiéter.
La 2e division de cavalerie (général Stolberg) est la seule à avoir quelques engagements avec les arrière-gardes.
(Lambert_193_195)

 

Positions françaises dans la soirée du 11 décembre :

Les positions françaises forment un angle, dont l'ouverture se trouve en face des allemands.
La droite de cet angle est formée par le centre et la droite, sur la ligne Roches- Concriers- Séris - Avaray.
La gauche de l'angle est formée par le 21e corps et occupe la ligne Lorges -Poisly -Villermain.
Le quartier-général est à Talcy.

Le IIIe corps, qui arrive le même jour à Beaugency, doi former la réserve générale de l'armée allemande.
Le XIIIe corps, sous les ordres du grand-duc de Mecklembourg, doit constituer la droite, tandis que le Xe corps, dont l'effectif vient d'être augmenté, par suite du retour d'un certain nombre de bataillons détachés, doit former la gauche des lignes allemandes. (Lambert_195).

Journée du 12 décembre 1870 :

Retraite sur Vendôme

Engagements de Maves et Nuisement

(Chanzy_164).

Le mouvement de retraite français continue.
Sur la gauche, le 21e corps, traversant la forêt de Marchenoir dans sa plus grande longueur, se porte dans la direction de Morée, et couche, le 12 au soir, entre Ecomon et Viévy-le-Raye, sur la route directe de Châteaudun à Blois.

La IVe division de cavalerie allemande, se jetant à la poursuite des français dans la forêt de Marchenoir, un certain nombre d'engagements partiels ont lieu, entre les arrière-gardes et de forts, détachements de cavaliers allemands.

Les francs-tireurs, qui gardent les débouchés de la forêt, à l'extrême-gauche des lignes, causent de nombreuses pertes aux allemands. Ceux-ci ne se risquent pas à traverser la forêt.

Au centre, le 17e corps, se retire, pendant la journée, de la ligne Roches - Concriers - Séris sur la ligne Viévy-le-Raye - Oucques - Villeneuve, s'établissant ainsi à la droite du 21e corps, également sur la route Châteaudun à Blois. (Lambert_196).

Le général Treskow (XVIIe division d'infanterie prussienne) se rend compte de la retraite française qu'à une heure assez avancée de la journée.
Cette division se maintient à distance et vient s'établir le soir à peu de distance des lignes françaises, entres Maves et le petit village de la Madeleine.
Le grand-duc de Mecklembourg occupe, le 12 au soir, le quartier-général de Talcy, que le général Chanzy n'avait quitté que le matin.

La droite des lignes allemandes, formée par la XXIIe division, est le soir entre Marchenoir et Saint-Léonard.

Le général Desplanques, avec la 1ere division du 16e corps, se retire de Séris dans la direction de Pontijoux, prolongeant ainsi la droite du 17e corps.

La colonne Camô, se retirant d'Avaray, passe par Mer et se dirige également sur Pontijoux.
Elle est attaquée, pendant sa marche et en avant du village de Maves, par un fort détachement de cavalerie ( 2e division (Stolberg) formant l'avant-garde du Xe corps allemand)
Le général Camô arrête sa troupe, repousse les cavaliers ennemis, et continue ensuite sa retraite.(Lambert_197).

Le Xe corps allemand occupe pendant ce temps le village de Mer, et pousse ses avant-postes jusqu'en avant de Suèvres, dans la direction de Blois.

Suite à l'évacuation des troupes françaises de Mer, le général Barry et le conseil de défense de la ville de Blois, décident que cette ville n'est pas défendable.
Le général Barry quitte Blois dans la journée, emmenant avec lui sa division, celle du général Maurandy et les détachements de la division Peytavin, qui se trouvaient mêlés, depuis le 4 décembre, aux deux divisions du 16e corps.
Cette colonne se dirigea, à travers la forêt de Blois, sur Herbault et Saint-Amand, afin de se trouver à hauteur des positions présumées du reste de l'armée.
Le général Barry n'ose prendre la route directe de Blois à Vendôme, dans l'ignorance où il est de l'ensemble de la situation sur sa droite.
(Lambert_199).

Journée du 13 décembre 1870 :

La ville de Blois est occupée dès le matin, par les avant-postes du Xe corps allemand; le général Voigts-Retz lui-même y établit son quartier général.

Affaire de Châteaudun (sur le Loir), escarmouches entre partis francs et reconnaissances de la Ve division de cavalerie allemande. (Romagny_29)

Le prince Frédéric-Charles a pris en personne la direction des opérations.
Le 13 au soir, il est à Suèvres.
Le Xe corps allemand, à Blois, dirige ses avant-postes sur les deux routes qui conduisent à Vendôme.
La XVIIe division d'infanterie, au centre, et la XXIIe, à droite, occupent les villages d'Oucques, de Pontijoux et d'Ecoman, que les français ont évacués le matin.
Les IIe et IVe divisions de cavalerie, poursuivant de près les arrière-gardes, font de nombreux prisonniers français.

Mouvements et positions françaises :

Les colonnes sont concentrées autour de Vendôme;
L'aile gauche passe le Loir entre Morée, Fréteval et Pezou, et s'établit sur la rive droite, en avant de la forêt de Fréteval, donnant la main à droite, et vers Pezou, au 17e corps, qui a également passé le Loir et qui se prolonge jusqu'à Vendôme.
Sur la droite, la division Deplanque et les troupes du général Camô, se sont retirées pendant la journée de Pontijoux sur Villermain., et gardent les deux routes de Vendôme à Blois et à Château-Renault, en s'appuyant d'un côté sur le Loir, et de l'autre sur la Houzée.
La colonne mixte du général Barry forme l'extrême-droite à Saint-Amand, mais, sans être reliée d'une façon effective aux troupes qui occupaient Vendôme.
La cavalerie du 16e corps est établie en avant de la droite, entre le Loir et la Houzée.
La cavalerie du 17e corps pousse de nombreuses reconnaissances sur la rive gauche du Loir, pour surveiller les mouvements des allemands, dans la direction de Marchenoir.

L'état-major allemand se trouve, le 13 au soir, dans l'incertitude la plus absolue, quant aux projets du général Chanzy.
(Lambert_200).