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Rappels des causes de la guerre
L'Allemagne
était composée d'un grand nombre d'Etats qui n'avaient
entre eux aucun lien politique. La
Prusse, se sentant sûre de sa puissance militaire, avait
pour ambition de réunifier les Etats allemands sous son autorité.
En 1864, elle s'allie à l'Autriche pour
écraser le Danemark et s'approprier des territoires Danois
(la guerre des Duchés). En 1866, elle achète
la non-intervention de Napoléon III, en
lui promettant la Belgique ou le canton de Genève, et écrase
l'Autriche et annexe des territoires autrichiens. Victorieuse, elle
impose alors des traités d'alliance avec les différents
états allemands.

L'ennemi héréditaire (Dessin de Bombled - 1895)
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Mais Bismarck,
ministre des affaires étrangères
de Prusse, n'entendait pas céder
de compensation territoriale à Napoléon III. Il
était hostile à la France, ennemi héréditaire,
qu'il accusait de vouloir faire obstacle à une unification
en voulant s'approprier des pays d'origine allemande; de plus,
une guerre contre la France lui semblait bienvenue pour récupérer
l'Alsace et la Lorraine, et pour pousser
les différents états allemands à se rallier
à la Prusse.
Mais un prétexte était nécessaire pour
lui déclarer la guerre, car ceux-ci ne se rallieraient
que pour secourir une Prusse "agressée".
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En France, aussi la guerre est souhaitée par beaucoup. Sous la
pression républicaine grandissante, Napoléon avait dû
renoncer à son pouvoir absolu pour passer à un régime
parlementaire. L'entourage du souverain aspirait à une guerre
dont la victoire certaine,
en rendant au régime impérial son ancienne popularité,
lui permettrait de restaurer une autorité despotique.
De plus, la France s'inquiétait
de l'agrandissement du territoire prussien, et
humiliée de ce que les prussiens aient battu les autrichiens
plus rapidement qu'elle ne l'avait fait elle-même, brûlait
de leur donner une leçon.
L'Espagne qui avait fait une révolution et contraint sa souveraine
à abdiquer, offrit le trône de Madrid au prince Léopold
de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse. Le 6 juillet, le ministre
français des affaires étrangères déclara
que :
" le gouvernement ne souffrirait pas qu'une puissance étrangère,
en plaçant un de ses princes sur le trône de Charles-Quint,
puisse déranger à notre détriment l'équilibre
actuel des forces en Europe, et mettre en péril les intérêts
et l'honneur de la France. Si cette éventualité se réalisait,
nous saurions remplir notre devoir sans hésitation et sans faiblesse".
Les allemands prennent mal ce ton menaçant. Toutefois, le 12,
L.de Hohenzollern abandonne sa candidature. Le 13, l'empereur, poussé
par son entourage, demande au roi de Prusse de s'engager à ne
jamais permettre au prince de revenir sur cette renonciation. Les allemands
s'offusquent de cette demande jugée excessive et arrogante. Le
roi répond à l'ambassadeur français qu'il refuse
de s'engager davantage. L'ambassadeur demande à être reçu
à nouveau par le roi. Un aide de camp vient lui dire que le roi
ne pouvait faire plus.
Bismarck déclare alors (dépêche
d'Ems) : " Sa Majesté a refusé de recevoir
de nouveau l'ambassadeur français ".
Les français se sentent outragés par ce refus. Les esprits
s'échauffent de part et d'autre, encouragés par Bismarck
d'un côté, par l'entourage de Napoléon III de l'autre,
au point que la guerre se trouve déclarée le 18 juillet,
par la missive suivante de la France à la Prusse :
" le gouvernement de Sa Majesté l'Empereur des français,
ne pouvant considérer le projet d'élever un prince prussien
au trône d'Espagne que comme une entreprise dirigée contre
la sécurité territoriale de la France, s'est vue forcée
de demander à Sa Majesté le roi de Prusse l'assurance
qu'une pareille combinaison ne se reproduirait plus à l'avenir
avec son assentiment. Sa Majesté le roi de Prusse ayant refusé
cette assurance et, ayant, au contraire, déclarée à
l'envoyé de Sa Majesté l'Empereur des français,
qu'il voulait se réserver, pour cette éventualité
comme pour toute autre, de consulter les circonstances, le gouvernement
impérial a dû voir dans cette déclaration du roi
une arrière-pensée menaçante pour la France et
pour l'équilibre européen.
Cette déclaration a reçu un caractère encore plus
sérieux par la communication faite aux cabinets étrangers
du refus de recevoir l'envoyé de l'Empereur et d'entrer avec
lui dans de nouvelles explications. En conséquence, le gouvernement
français a cru de son devoir de songer sans délai à
la défense de sa dignité blessée, de ses intérêts
menacés, et résolu, dans ce but à prendre toutes
les mesures qui lui sont ordonnées par situation qui lui est
faite, il se considère dès à présent, comme
en état de guerre avec la Prusse."

Rappels des évènements principaux
de la guerre

(Les différentes tendances politiques dans
le pays sont : les bonapartistes, les monarchistes (les légitimistes
qui sont partisans de la branche aînée, et les orléanistes
qui sont pour la branche d'Orléans), les républicains
modérés, et les républicains extrémistes
(révolutionnaires).)
La guerre est déclarée à la Prusse le 18 juillet.
Le 28 juillet, après avoir confié la régence à
l'impératrice, Napoléon III arrivait à Metz. Il
n'avait déclaré la guerre que sous la pression de la cour.
Lui seul ne partageait pas l'enthousiasme général en raison
de son état de santé; atteint de coliques néphrétiques,
il peinait à se tenir à cheval, et à assurer correctement
son rôle de chef des armées.
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L'Impératrice Eugénie
(Dessin de J. L., 1913)
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Une seule armée fût crée, dite
du Rhin. Après plusieurs défaites successives, une
partie de celle-ci (appelée armée de Châlons)
fut battue à Sedan.
A Paris, la consternation d'une défaite jusque là
inimaginable, le désarroi évident d'une armée
qu'on disait si bien préparée, mis fin à
la confiance dans le gouvernement impérial.
Sous la pression populaire, l'impératrice chargea le Comte
de Palikao
(monarchiste) de former un nouveau ministère. |
Napoléon voulait rentrer à Paris, et y ramener l'armée
pour se préparer au siège. Ce qui était militairement
sage, mais l'impératrice ne le voulût pas. Elle craignait
que son retour après la défaite ne provoquât un
soulèvement qui ferait perdre le trône à son fils.
Napoléon III alla alors trouver Bismarck, pour négocier
la capitulation de Sedan, et fut fait prisonnier. Les soldats de l'armée
de Châlons devaient être désarmés et conduits
en Allemagne. En attendant leur départ, ils furent entassés
dans une presqu'île de la Meuse, sans vivres ni protection contre
les intempéries; ils en furent réduits, pour ne pas
mourir de faim, à manger les chevaux, eux-même faméliques.
(voir "La débâcle" d'Emile Zola).

Rencontre de Bismarck et Napoléon III (Tableau
de A. von Werner)
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A Paris, le 4 septembre, suite à
la capitulation de Sedan, l'Assemblée, sous la pression des révolutionnaires
de la rue, proclame la fin de l'empire et l'avènement de la 3ème
république.
carte postale ancienne
| L'impératrice s'enfuit en Angleterre. Un
gouvernement
provisoire républicain est formé, qui se veut, non
le gouvernement d'un parti, mais le "gouvernement de la
défense nationale". Le général Trochu
(républicain modéré), devenu populaire pour
avoir signalé les insuffisances de l'armée, en avait
la présidence; Gambetta (républicain modéré)
était ministre de l'intérieur. |
Proclamation de la République devant
l'Hôtel de Ville de Paris
(Le Monde Illustré de 1870, dessin de A. Daudenarde)
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L'ennemi allait assiéger Paris. Si le gouvernement y restait,
il ne pourrait plus communiquer avec le reste de la France. Il
était sage de le transférer en province,
mais le gouvernement considérait la République comme intimement
liée à la ville de Paris, et décidèrent
de partager avec les parisiens la menace ennemie. Toutefois,
il fût décider d'envoyer à Tours une délégation
subordonnée.
Le 18 septembre, les allemands assiégèrent Paris. Comme
la délégation contestait les instructions du gouvernement,
Gambetta fût envoyé en ballon à Tours le 7 octobre.
Il devait représenter l'autorité supérieure du
gouvernement face à la délégation. La communication
entre les deux ne pouvant plus se faire qu'à l'aide de pigeons
et de ballons, le gouvernement pendant la guerre ne gouverna plus que
Paris, et ce fût, de fait, Gambetta (à qui on ajouta la
charge de ministre de la guerre à celle de l'intérieur)
qui gouverna le reste de la France, conseillé par un ingénieur
des mines : Freycinet.

Départ du ballon Armand Barbès, monté
par Gambetta, le 7 octobre 1870
La France n'avait plus d'armée régulière. Les célibataires
et veufs sans enfants jusqu'à 35 ans avaient été
recrutés dès août. Fin septembre, Gambetta y ajouta
les célibataires et veufs sans enfants de 35 à 40 ans
(la levée en masse). Il entreprit de les équiper
et de les envoyer dans des camps d'instruction pour former la garde
nationale mobilisée. Il fait appel à tous les hommes de
bonne volonté. C'est ainsi qu'il accueille les combattants d'Italie
: Charette commandant les zouaves pontificaux, et Garibaldi.
Les autorités françaises
se trouvèrent dans l'embarras face à l'offre de renforts
de Garibaldi et de sa troupe de "chemises rouges"; le 8 octobre,
il fut décidé de ne pas l'incorporer dans l'armée
régulière et de lui attribuer une statut équivalent
aux corps francs. Il entreprit à Autun une guérilla avec
cette "armée des Vosges". L'Armée des Vosges
capitula à Dijon le 31 octobre.
Le gouvernement désapprouvait les efforts
de Gambetta pour recréer une armée et ne voyaient là
que gaspillage et inutilité face à un conflit bien mal
engagé. De plus, il était
contre ce régime "dictatorial" de Gambetta, sur lequel
il n'avait plus de pouvoir, et qui "purifiait le personnel administratif"
en remplaçant les fonctionnaires importants par des républicains
partisans de Gambetta.
Plusieurs villes furent défendues efficacement
par des francs-tireurs et des gardes nationaux. Ces faits d'armes revalorisaient
les troupes improvisées aux yeux des troupes régulières
qui doutaient de leur efficacité, et galvanisaient la résistance
de la population. Les allemands eux-même s'étonnèrent
de ces nouvelles forces de résistance après la neutralisation
de l'armée régulière. Molkte dut reconnaître
"la force d'endurance et l'obstination des français;
toute l'armée française est prisonnière en Allemagne,
et il y a plus de belligérants en armes contre nous qu'au début
de la campagne", et il s'en prenait à "la puissance
de la phrase sur les français".
Mais les allemands ne reconnaissaient
qu'aux troupes régulières le droit de faire la guerre,
et pas aux corps francs, ni aux habitants du pays. Ils disaient "nous
ne faisons pas la guerre aux habitants paisibles de la France, et le
premier devoir d'un soldat allemand loyal est de protéger la
propriété". Les particuliers français
ne devaient pas être molestés, et il faut reconnaître
qu'il ne le furent pas; les soldats allemands, fortement disciplinés,
commirent peu de violences. Mais si les habitants défendaient
leur ville, les allemands alors l'incendiaient, arrêtaient les
notables, fusillaient des habitants et les francs-tireurs. Il
leur arrivait de contraindre les élus locaux à les accompagner
dans les trains pour dissuader les attaques et
les sabotages des voies ferrées. Ils imposèrent aux villes
investies de lourdes contributions dont ils en rendaient garants
les élus.
Le reste de l'armée du Rhin, sous le commandement
de Bazaine, était cerné à
Metz. Le maréchal désapprouvait le nouveau régime
républicain, et projetait l'utilisation de son armée pour
restaurer l'empire. Il essaya,
contrairement à son devoir de militaire, de négocier avec
l'ennemi la paix pour son armée, et leur offrait en échange
sa contribution à la mise en place d'un pouvoir reconnu par tous
les français. Les allemands refusèrent. Bazaine
capitula le 27 octobre. (Jugé en 1873,
il fut condamné à mort pour ses négociations avec
l'ennemi, mais fut gracié et enfermé dans une forteresse
d'où il s'évada.)
A Paris, le 31 octobre, la nouvelle de la capitulation de Metz,
provoqua une insurrection des forces populaires révolutionnaires
et des gardes nationaux mobilisés. Ils firent prisonnier le gouvernement
qui fut délivré par l'armée régulière.
Après la capitulation de Metz et de l'armée
du Rhin, les troupes allemandes purent avancer sans obstacles sur le
territoire :
Frédéric-Charles progressa vers la Loire, et Manteufel
se dirigea vers le Nord. Denfert-Rochereau résistant
toujours dans Belfort assiégé, la guerre va se poursuivre
sur 3 théâtres d'opération : sur la Loire, dans
le Nord, et l'Est (Bourgogne et Franche-comté).
Gambetta poussait ses généraux à une offensive
pour délivrer Paris, mais ceux-ci, souvent âgés,
peu accoutumés par la guerre d'Afrique à des offensives
de telles ampleurs, et doutant de la compétence des troupes irrégulières,
tergiversaient.
Gambetta créa l'armée de la Loire, et mis à
sa tête le général d'Aurelle de Paladines.
Celui-ci y établit la discipline, difficile dans cette armée
non régulière, en appliquant le décret du 2 octobre,
qui accélérait les procédures de jugement et qui
permettait de fusiller l'accusé le lendemain matin.
Le 9 novembre, l'armée de la Loire
battit les allemands à Coulmiers et reprit
Orléans abandonné par les allemands; le 28 novembre,
elle fut repoussée à Beaune-la-Rolande. Le 1 décembre,
le général Ducrot tenta une sortie de Paris, mais fut
battu à Champigny. Gambetta décida de diriger l'armée
de la Loire vers Paris pour lui venir en aide. Le 2 décembre,
les français, malgré l'intervention glorieuse
du général de Sonis à la tête des vaillants
volontaires de l'Ouest, (mobiles, francs-tireurs bretons et
anciens zouaves pontificaux), furent battus à Loigny.
Les allemands réoccupèrent Orléans sans combattre.
L'armée de la Loire fut alors coupée en 2 : la partie
Est, commandée par Bourbaki, marcha sur Belfort pour tenter
de délivrer Denfert-Rochereau toujours assiégé;
Chanzy pris la tête de la partie ouest, qu'on appela la 2ème
armée de la Loire. Le gouvernement fut transféré
à Bordeaux.
La situation devint très
difficile avec l'arrivée de l'hiver; les soldats ayant
des vêtements et des chaussures de mauvaise qualité
les protégeant mal des intempéries.
De plus, les généraux (sauf Chanzy) refusaient de
les cantonner la nuit chez les habitants, de peur d'indiscipline.
Aussi, les hommes devaient bivouaquer sous la pluie ou par -10°,
souvent sans paille dans la boue ou la neige, et quelque fois
même sans tente ou couverture. Le moral et la santé
des troupes s'en ressentaient fortement. |
(Dessin de Bombled - 1895)
|
Sur le front de la Loire, Chanzy fut battu par Frédéric-Charles
à Beaugency (appelée aussi bataille de Villorceau),
et se replia sur le Mans le 19 décembre. Le
12 janvier, la 2ème armée de la Loire fut battue au
Mans et se replia sur Laval, où les allemands épuisés
ne la poursuivirent pas; ils se contentèrent d'envoyer
quelques détachements en reconnaissance vers Laval.
Sur le front
Est, l'armée de l'Est combattit à Nuits le 19 décembre,
puis à Villersexel le 9 janvier, où elle fut victorieuse
face à l'armée de Werder. Du 15 au 17 janvier, les français
sont battus à Héricourt soit à seulement
15 km de Belfort. Les français épuisés essaient
de se replier sur Besançon, mais l'armée allemande leur
coupa la retraite, l'acculant à la frontière Suisse.
Sur le front Nord, l'armée du Nord fut battue à
Amiens le 27 novembre, et les allemands occupèrent Rouen.
Elle repris Amiens le 9 décembre, attaqua les
allemands sur leur flanc nord et les fit reculer à Pont-Noyelles
le 23 décembre; puis elle reperd Amiens, mais fait reculer
les allemands sur Bapaume le 4 janvier. Elle marcha sur Paris,
mais le 19 janvier, elle est vaincue à Saint-Quentin
et fait une retraite vers le Nord.
Boucherie canine et féline à Paris
(Dessin de Bouard 1910 ?)
|
A paris, on ne se chauffe plus, et
les vivres sont rationnés et de mauvaise qualité.
La ration quotidienne par tête est tombée
à 300g de pain, à 30g de viande. Le pain, coupé
de paille hachée, est infect et on mange du chien,
du chat, et du rat.
Fin décembre, on comptait 3600 décès
par semaine, surtout parmi les enfants et les vieillards.
|
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La population affamée
accuse le gouvernement de partialité dans le partage
des vivres. La disette et les bombardements exacerbent les passions
du peuple dans son désir de victoire et de liberté.
Les orateurs révolutionnaires, et le comité central
de la garde nationale, accusent le gouvernement de trahison
et lancent leurs solutions hasardeuses, devant un public tout
acquis qui s'enflamme à leurs harangues.
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Orateur haranguant dans un club installé
dans une église
(L'Illustration de
1871, dessin de Smeetom)
|
Le 18 janvier, Ducrot tenta à nouveau
de sortir de Paris et échoua. Les bataillons de la garde nationale
revinrent exaspérés pensant
qu'on avait essayé de les sacrifier afin d'éliminer
leur contestation; et le 22 janvier, c'est l'émeute : ils attaquent
l'hôtel de ville; les troupes régulières et les
mobiles ripostent et tirent sur la foule. Les
vivres étant épuisées, le gouvernement signe
la capitulation de Paris le 28 janvier, et un armistice. Celui-ci
est signé pour 21 jours, et exclut le front de l'Est jusqu'au
moment où on se sera mis d'accord sur la nouvelle ligne frontalière.
Le gouvernement obtint qu'à Paris, une division et la garde
nationale mobilisée restent armées (ce qu'il regrettera
fort par la suite des évènements).
Les allemands veulent faire la paix avec une France représentative.
Aussi, il est prévu de procéder à une réélection
de l'Assemblée Nationale qui décidera de continuer la
guerre ou non.
Le gouvernement ordonna à Gambetta de
mettre en place l'armistice en province, mais il ne lui fut pas précisé
l'exception du front Est ! Gambetta
s'exécute. L'armée de l'Est, surprise, fut attaquée
alors qu'elle pensait que la guerre était finie. Décimée,
elle s'enfuit en Suisse, où elle fut désarmée.
Après l'armistice, 400 000 hommes sont prisonniers
en Allemagne, 100 000 hommes sont internés en Belgique (suite
à Sedan) et en Suisse, et l'armée de Paris est désarmée.
Les Allemands occupaient 43 départements avec 570 000 hommes
d'infanterie et 63000 hommes de cavalerie. Des calculs officiels montrent
que nous avions encore 220 000 fantassins, 20 000 cavaliers, 34 000
artilleurs, 1232 canons attelés. Et 350 000 hommes dans les divisions
territoriales, 100 000 recrues de la classe 1870, 443 canons montés,
et 98 batteries fournies par les départements. Mais les commissaires,
sans attendre le résultat de l'enquête, conclurent qu'ayant
à peine, outre les mobilisés, 85 000 soldats ou marins
et 135 000 mobiles nous ne pouvions plus résister.
Les élections législatives ont lieu le 8 février
au scrutin universel (moins les femmes) afin d'élire une nouvelle
Assemblée Nationale. Furent élus plus de 400 monarchistes,
environ 200 républicains, 30 bonapartistes. Ils élirent
Thiers (monarchiste, avant de devenir républicain modéré)
chef du pouvoir exécutif pour négocier le traité
de paix avec les prussiens.
La population parisienne est hostile à l'arrivée des allemands
dans la capitale prévue pour le1er mars. Des barricades sont
constituées autour des quartiers dont les allemands doivent prendre
possession. Les parisiens font évacuer
la population de ces quartiers et retire
les canons de la garde nationale qu'ils ne veulent pas rendre à
l'ennemi. Ainsi, les allemands défilèrent
place de la Concorde, dans un Paris silencieux et désert; ils
se replièrent le lendemain.

Les parisiens parquent les canons de la garde nationale
(L'Illustration de 1871, dessin
de J. Gaildreau et Smeetom)
Maladroitement, Thiers décide de supprimer les journaux révolutionnaires,
de poursuivre les activistes du 31 octobre, d'abolir la suspension de
paiement des loyers et crédits en cours, de supprimer la solde
de la garde nationale, et de reprendre ses canons. Il fait afficher
la proclamation suivante : " Des hommes malintentionnés
affichent la prétention de vous défendre contre les prussiens,
qui n'ont fait que paraître dans vos murs. Ils braquent des canons,
qui s'ils faisaient feu, ne foudroieraient que vos maisons, vos enfants
et vous-mêmes; et compromettent la République, au lieu
de la défendre, car, s'il s'établissait dans l'opinion
de la France que la République est la compagne nécessaire
du désordre, la République serait perdue ! Tant que dure
cet état de choses, le commerce est arrêté, les
commandes qui viendraient de toutes part sont suspendues, vos bras sont
oisifs, le retour au travail et à l'aisance sont empêchés."
Le 18 mars, il tente de reprendre de force ces canons avec la division
en armes autorisée par les prussiens, et
de reprendre le contrôle militaire de Paris. Mais il est
battu par la population et la garde nationale qui se soulèvent
spontanément (sans l'influence des chefs révolutionnaires),
et qui occupent les principaux monuments de Paris. Le gouvernement,
et les troupes régulières qui ne se rallient pas aux insurgés,
se réfugient à Versailles. C'est la commune ...
Le traité de paix fut signé le 10 mai 1871 à
Francfort. La France devait verser 5 milliards, céder l'Alsace
et une partie de la Loraine; les départements servant de gage
à la dette française furent libérés au fur
et à mesure des versements. Les derniers versements furent versés
en septembre 1873, et les derniers allemands quittèrent le territoire
français.
Cette guerre aura coûté aux allemands : 47 000 morts soit
14% des affectifs, dont la moitié sont morts de maladie. Et 128
000 blessés, 100 000 malades.
Elle aura coûté au français : 139 000 morts au combat
ou de maladie, 143 000 blessés, 320 000 malades; ces chiffres
plus lourds que les allemands, comprennent aussi les civils touchés
par les bombardements et la famine.

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