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Auteur : Corinne Micault
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Résumé de la guerre (vidéo de 3 minutes)


 


Rappels des causes de la guerre


L'Allemagne était composée d'un grand nombre d'Etats qui n'avaient entre eux aucun lien politique. La Prusse, se sentant sûre de sa puissance militaire, avait pour ambition de réunifier les Etats allemands sous son autorité. En 1864, elle s'allie à l'Autriche pour écraser le Danemark et s'approprier des territoires Danois (la guerre des Duchés). En 1866, elle achète la non-intervention de Napoléon III, en lui promettant la Belgique ou le canton de Genève, et écrase l'Autriche et annexe des territoires autrichiens. Victorieuse, elle impose alors des traités d'alliance avec les différents états allemands.





L'ennemi héréditaire (Dessin de Bombled - 1895)
Mais Bismarck, ministre des affaires étrangères de Prusse, n'entendait pas céder de compensation territoriale à Napoléon III. Il était hostile à la France, ennemi héréditaire, qu'il accusait de vouloir faire obstacle à une unification en voulant s'approprier des pays d'origine allemande; de plus, une guerre contre la France lui semblait bienvenue pour récupérer l'Alsace et la Lorraine, et pour pousser les différents états allemands à se rallier à la Prusse.

Mais un prétexte était nécessaire pour lui déclarer la guerre, car ceux-ci ne se rallieraient que pour secourir une Prusse "agressée".




En France, aussi la guerre est souhaitée par beaucoup. Sous la pression républicaine grandissante, Napoléon avait dû renoncer à son pouvoir absolu pour passer à un régime parlementaire. L'entourage du souverain aspirait à une guerre
dont la victoire certaine, en rendant au régime impérial son ancienne popularité, lui permettrait de restaurer une autorité despotique. De plus, la France s'inquiétait de l'agrandissement du territoire prussien, et humiliée de ce que les prussiens aient battu les autrichiens plus rapidement qu'elle ne l'avait fait elle-même, brûlait de leur donner une leçon.

L'Espagne qui avait fait une révolution et contraint sa souveraine à abdiquer, offrit le trône de Madrid au prince Léopold de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse. Le 6 juillet, le ministre français des affaires étrangères déclara que :
" le gouvernement ne souffrirait pas qu'une puissance étrangère, en plaçant un de ses princes sur le trône de Charles-Quint, puisse déranger à notre détriment l'équilibre actuel des forces en Europe, et mettre en péril les intérêts et l'honneur de la France. Si cette éventualité se réalisait, nous saurions remplir notre devoir sans hésitation et sans faiblesse".

Les allemands prennent mal ce ton menaçant. Toutefois, le 12, L.de Hohenzollern abandonne sa candidature. Le 13, l'empereur, poussé par son entourage, demande au roi de Prusse de s'engager à ne jamais permettre au prince de revenir sur cette renonciation. Les allemands s'offusquent de cette demande jugée excessive et arrogante. Le roi répond à l'ambassadeur français qu'il refuse de s'engager davantage. L'ambassadeur demande à être reçu à nouveau par le roi. Un aide de camp vient lui dire que le roi ne pouvait faire plus.




Bismarck déclare alors (dépêche d'Ems) : " Sa Majesté a refusé de recevoir de nouveau l'ambassadeur français ".
Les français se sentent outragés par ce refus. Les esprits s'échauffent de part et d'autre, encouragés par Bismarck d'un côté, par l'entourage de Napoléon III de l'autre, au point que la guerre se trouve déclarée le 18 juillet, par la missive suivante de la France à la Prusse :


" le gouvernement de Sa Majesté l'Empereur des français, ne pouvant considérer le projet d'élever un prince prussien au trône d'Espagne que comme une entreprise dirigée contre la sécurité territoriale de la France, s'est vue forcée de demander à Sa Majesté le roi de Prusse l'assurance qu'une pareille combinaison ne se reproduirait plus à l'avenir avec son assentiment. Sa Majesté le roi de Prusse ayant refusé cette assurance et, ayant, au contraire, déclarée à l'envoyé de Sa Majesté l'Empereur des français, qu'il voulait se réserver, pour cette éventualité comme pour toute autre, de consulter les circonstances, le gouvernement impérial a dû voir dans cette déclaration du roi une arrière-pensée menaçante pour la France et pour l'équilibre européen.
Cette déclaration a reçu un caractère encore plus sérieux par la communication faite aux cabinets étrangers du refus de recevoir l'envoyé de l'Empereur et d'entrer avec lui dans de nouvelles explications. En conséquence, le gouvernement français a cru de son devoir de songer sans délai à la défense de sa dignité blessée, de ses intérêts menacés, et résolu, dans ce but à prendre toutes les mesures qui lui sont ordonnées par situation qui lui est faite, il se considère dès à présent, comme en état de guerre avec la Prusse."

 





 

Rappels des évènements principaux de la guerre


(Les différentes tendances politiques dans le pays sont : les bonapartistes, les monarchistes (les légitimistes qui sont partisans de la branche aînée, et les orléanistes qui sont pour la branche d'Orléans), les républicains modérés, et les républicains extrémistes (révolutionnaires).)



La guerre est déclarée à la Prusse le 18 juillet. Le 28 juillet, après avoir confié la régence à l'impératrice, Napoléon III arrivait à Metz. Il n'avait déclaré la guerre que sous la pression de la cour. Lui seul ne partageait pas l'enthousiasme général en raison de son état de santé; atteint de coliques néphrétiques, il peinait à se tenir à cheval, et à assurer correctement son rôle de chef des armées.




L'Impératrice Eugénie
(Dessin de J. L., 1913)
Une seule armée fût crée, dite du Rhin. Après plusieurs défaites successives, une partie de celle-ci (appelée armée de Châlons) fut battue à Sedan.

A Paris, la consternation d'une défaite jusque là inimaginable, le désarroi évident d'une armée qu'on disait si bien préparée, mis fin à la confiance dans le gouvernement impérial.
Sous la pression populaire, l'impératrice chargea le Comte de Palikao (monarchiste) de former un nouveau ministère.




Napoléon voulait rentrer à Paris, et y ramener l'armée pour se préparer au siège. Ce qui était militairement sage, mais l'impératrice ne le voulût pas. Elle craignait que son retour après la défaite ne provoquât un soulèvement qui ferait perdre le trône à son fils. Napoléon III alla alors trouver Bismarck, pour négocier la capitulation de Sedan, et fut fait prisonnier. Les soldats de l'armée de Châlons devaient être désarmés et conduits en Allemagne. En attendant leur départ, ils furent entassés dans une presqu'île de la Meuse, sans vivres ni protection contre les intempéries; ils en furent réduits, pour ne pas mourir de faim, à manger les chevaux, eux-même faméliques. (voir "La débâcle" d'Emile Zola).





Rencontre de Bismarck et Napoléon III (Tableau de A. von Werner)



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A Paris, le 4 septembre, suite à la capitulation de Sedan, l'Assemblée, sous la pression des révolutionnaires de la rue, proclame la fin de l'empire et l'avènement de la 3ème république.


carte postale ancienne

 

L'impératrice s'enfuit en Angleterre. Un gouvernement provisoire républicain est formé, qui se veut, non le gouvernement d'un parti, mais le "gouvernement de la défense nationale". Le général Trochu (républicain modéré), devenu populaire pour avoir signalé les insuffisances de l'armée, en avait la présidence; Gambetta (républicain modéré) était ministre de l'intérieur.

Proclamation de la République devant l'Hôtel de Ville de Paris
(Le Monde Illustré de 1870, dessin de A. Daudenarde)




L'ennemi allait assiéger Paris. Si le gouvernement y restait, il ne pourrait plus communiquer avec le reste de la France. Il était sage de le transférer en province, mais le gouvernement considérait la République comme intimement liée à la ville de Paris, et décidèrent de partager avec les parisiens la menace ennemie. Toutefois, il fût décider d'envoyer à Tours une délégation subordonnée.

Le 18 septembre, les allemands assiégèrent Paris. Comme la délégation contestait les instructions du gouvernement, Gambetta fût envoyé en ballon à Tours le 7 octobre. Il devait représenter l'autorité supérieure du gouvernement face à la délégation. La communication entre les deux ne pouvant plus se faire qu'à l'aide de pigeons et de ballons, le gouvernement pendant la guerre ne gouverna plus que Paris, et ce fût, de fait, Gambetta (à qui on ajouta la charge de ministre de la guerre à celle de l'intérieur) qui gouverna le reste de la France, conseillé par un ingénieur des mines : Freycinet.





Départ du ballon Armand Barbès, monté par Gambetta, le 7 octobre 1870




La France n'avait plus d'armée régulière. Les célibataires et veufs sans enfants jusqu'à 35 ans avaient été recrutés dès août. Fin septembre, Gambetta y ajouta les célibataires et veufs sans enfants de 35 à 40 ans (la levée en masse). Il entreprit de les équiper et de les envoyer dans des camps d'instruction pour former la garde nationale mobilisée. Il fait appel à tous les hommes de bonne volonté. C'est ainsi qu'il accueille les combattants d'Italie : Charette commandant les zouaves pontificaux, et Garibaldi.

Les autorités françaises se trouvèrent dans l'embarras face à l'offre de renforts de Garibaldi et de sa troupe de "chemises rouges"; le 8 octobre, il fut décidé de ne pas l'incorporer dans l'armée régulière et de lui attribuer une statut équivalent aux corps francs. Il entreprit à Autun une guérilla avec cette "armée des Vosges". L'Armée des Vosges capitula à Dijon le 31 octobre.

Le gouvernement désapprouvait les efforts de Gambetta pour recréer une armée et ne voyaient là que gaspillage et inutilité face à un conflit bien mal engagé. De plus, il était contre ce régime "dictatorial" de Gambetta, sur lequel il n'avait plus de pouvoir, et qui "purifiait le personnel administratif" en remplaçant les fonctionnaires importants par des républicains partisans de Gambetta.

Plusieurs villes furent défendues efficacement par des francs-tireurs et des gardes nationaux. Ces faits d'armes revalorisaient les troupes improvisées aux yeux des troupes régulières qui doutaient de leur efficacité, et galvanisaient la résistance de la population. Les allemands eux-même s'étonnèrent de ces nouvelles forces de résistance après la neutralisation de l'armée régulière. Molkte dut reconnaître "la force d'endurance et l'obstination des français; toute l'armée française est prisonnière en Allemagne, et il y a plus de belligérants en armes contre nous qu'au début de la campagne", et il s'en prenait à "la puissance de la phrase sur les français".

Mais les allemands ne reconnaissaient qu'aux troupes régulières le droit de faire la guerre, et pas aux corps francs, ni aux habitants du pays. Ils disaient "nous ne faisons pas la guerre aux habitants paisibles de la France, et le premier devoir d'un soldat allemand loyal est de protéger la propriété". Les particuliers français ne devaient pas être molestés, et il faut reconnaître qu'il ne le furent pas; les soldats allemands, fortement disciplinés, commirent peu de violences. Mais si les habitants défendaient leur ville, les allemands alors l'incendiaient, arrêtaient les notables, fusillaient des habitants et les francs-tireurs. Il leur arrivait de contraindre les élus locaux à les accompagner dans les trains pour dissuader les attaques et les sabotages des voies ferrées. Ils imposèrent aux villes investies de lourdes contributions dont ils en rendaient garants les élus.




Le reste de l'armée du Rhin, sous le commandement de Bazaine, était cerné à Metz. Le maréchal désapprouvait le nouveau régime républicain, et projetait l'utilisation de son armée pour restaurer l'empire. Il essaya, contrairement à son devoir de militaire, de négocier avec l'ennemi la paix pour son armée, et leur offrait en échange sa contribution à la mise en place d'un pouvoir reconnu par tous les français. Les allemands refusèrent. Bazaine capitula le 27 octobre. (Jugé en 1873, il fut condamné à mort pour ses négociations avec l'ennemi, mais fut gracié et enfermé dans une forteresse d'où il s'évada.)
A Paris, le 31 octobre, la nouvelle de la capitulation de Metz, provoqua une insurrection des forces populaires révolutionnaires et des gardes nationaux mobilisés. Ils firent prisonnier le gouvernement qui fut délivré par l'armée régulière.

Après la capitulation de Metz et de l'armée du Rhin, les troupes allemandes purent avancer sans obstacles sur le territoire :
Frédéric-Charles progressa vers la Loire, et Manteufel se dirigea vers le Nord.
Denfert-Rochereau résistant toujours dans Belfort assiégé, la guerre va se poursuivre sur 3 théâtres d'opération : sur la Loire, dans le Nord, et l'Est (Bourgogne et Franche-comté).


Gambetta poussait ses généraux à une offensive pour délivrer Paris, mais ceux-ci, souvent âgés, peu accoutumés par la guerre d'Afrique à des offensives de telles ampleurs, et doutant de la compétence des troupes irrégulières, tergiversaient.
Gambetta créa l'armée de la Loire, et mis à sa tête le général d'Aurelle de Paladines. Celui-ci y établit la discipline, difficile dans cette armée non régulière, en appliquant le décret du 2 octobre, qui accélérait les procédures de jugement et qui permettait de fusiller l'accusé le lendemain matin.

Le 9 novembre, l'armée de la Loire battit les allemands à Coulmiers et reprit Orléans abandonné par les allemands; le 28 novembre, elle fut repoussée à Beaune-la-Rolande. Le 1 décembre, le général Ducrot tenta une sortie de Paris, mais fut battu à Champigny. Gambetta décida de diriger l'armée de la Loire vers Paris pour lui venir en aide. Le 2 décembre, les français, malgré l'intervention glorieuse du général de Sonis à la tête des vaillants volontaires de l'Ouest, (mobiles, francs-tireurs bretons et anciens zouaves pontificaux), furent battus à Loigny. Les allemands réoccupèrent Orléans sans combattre. L'armée de la Loire fut alors coupée en 2 : la partie Est, commandée par Bourbaki, marcha sur Belfort pour tenter de délivrer Denfert-Rochereau toujours assiégé; Chanzy pris la tête de la partie ouest, qu'on appela la 2ème armée de la Loire. Le gouvernement fut transféré à Bordeaux.




La situation devint très difficile avec l'arrivée de l'hiver; les soldats ayant des vêtements et des chaussures de mauvaise qualité les protégeant mal des intempéries.

De plus, les généraux (sauf Chanzy) refusaient de les cantonner la nuit chez les habitants, de peur d'indiscipline. Aussi, les hommes devaient bivouaquer sous la pluie ou par -10°, souvent sans paille dans la boue ou la neige, et quelque fois même sans tente ou couverture. Le moral et la santé des troupes s'en ressentaient fortement.

(Dessin de Bombled - 1895)




Sur le front de la Loire, Chanzy fut battu par Frédéric-Charles à Beaugency (appelée aussi bataille de Villorceau), et se replia sur le Mans le 19 décembre.
Le 12 janvier, la 2ème armée de la Loire fut battue au Mans et se replia sur Laval, où les allemands épuisés ne la poursuivirent pas; ils se contentèrent d'envoyer quelques détachements en reconnaissance vers Laval.

Sur le front Est, l'armée de l'Est combattit à Nuits le 19 décembre, puis à Villersexel le 9 janvier, où elle fut victorieuse face à l'armée de Werder. Du 15 au 17 janvier, les français sont battus à Héricourt soit à seulement 15 km de Belfort. Les français épuisés essaient de se replier sur Besançon, mais l'armée allemande leur coupa la retraite, l'acculant à la frontière Suisse.

Sur le front Nord, l'armée du Nord fut battue à Amiens le 27 novembre, et les allemands occupèrent Rouen. Elle repris Amiens le 9 décembre, attaqua les allemands sur leur flanc nord et les fit reculer à Pont-Noyelles le 23 décembre; puis elle reperd Amiens, mais fait reculer les allemands sur Bapaume le 4 janvier. Elle marcha sur Paris, mais le 19 janvier, elle est vaincue à Saint-Quentin et fait une retraite vers le Nord.





Boucherie canine et féline à Paris (Dessin de Bouard 1910 ?)

A paris, on ne se chauffe plus, et les vivres sont rationnés et de mauvaise qualité. La ration quotidienne par tête est tombée à 300g de pain, à 30g de viande. Le pain, coupé de paille hachée, est infect et on mange du chien, du chat, et du rat.

Fin décembre, on comptait 3600 décès par semaine, surtout parmi les enfants et les vieillards.

 

 

La population affamée accuse le gouvernement de partialité dans le partage des vivres. La disette et les bombardements exacerbent les passions du peuple dans son désir de victoire et de liberté.

Les orateurs révolutionnaires, et le comité central de la garde nationale, accusent le gouvernement de trahison et lancent leurs solutions hasardeuses, devant un public tout acquis qui s'enflamme à leurs harangues.

Orateur haranguant dans un club installé dans une église
(L'Illustration de 1871, dessin de Smeetom)




Le 18 janvier, Ducrot tenta à nouveau de sortir de Paris et échoua. Les bataillons de la garde nationale revinrent exaspérés pensant qu'on avait essayé de les sacrifier afin d'éliminer leur contestation; et le 22 janvier, c'est l'émeute : ils attaquent l'hôtel de ville; les troupes régulières et les mobiles ripostent et tirent sur la foule. Les vivres étant épuisées, le gouvernement signe la capitulation de Paris le 28 janvier, et un armistice. Celui-ci est signé pour 21 jours, et exclut le front de l'Est jusqu'au moment où on se sera mis d'accord sur la nouvelle ligne frontalière. Le gouvernement obtint qu'à Paris, une division et la garde nationale mobilisée restent armées (ce qu'il regrettera fort par la suite des évènements). Les allemands veulent faire la paix avec une France représentative. Aussi, il est prévu de procéder à une réélection de l'Assemblée Nationale qui décidera de continuer la guerre ou non.

Le gouvernement ordonna à Gambetta de mettre en place l'armistice en province, mais il ne lui fut pas précisé l'exception du front Est ! Gambetta s'exécute. L'armée de l'Est, surprise, fut attaquée alors qu'elle pensait que la guerre était finie. Décimée, elle s'enfuit en Suisse, où elle fut désarmée.

Après l'armistice, 400 000 hommes sont prisonniers en Allemagne, 100 000 hommes sont internés en Belgique (suite à Sedan) et en Suisse, et l'armée de Paris est désarmée. Les Allemands occupaient 43 départements avec 570 000 hommes d'infanterie et 63000 hommes de cavalerie. Des calculs officiels montrent que nous avions encore 220 000 fantassins, 20 000 cavaliers, 34 000 artilleurs, 1232 canons attelés. Et 350 000 hommes dans les divisions territoriales, 100 000 recrues de la classe 1870, 443 canons montés, et 98 batteries fournies par les départements. Mais les commissaires, sans attendre le résultat de l'enquête, conclurent qu'ayant à peine, outre les mobilisés, 85 000 soldats ou marins et 135 000 mobiles nous ne pouvions plus résister.


Les élections législatives ont lieu le 8 février au scrutin universel (moins les femmes) afin d'élire une nouvelle Assemblée Nationale. Furent élus plus de 400 monarchistes, environ 200 républicains, 30 bonapartistes. Ils élirent Thiers (monarchiste, avant de devenir républicain modéré) chef du pouvoir exécutif pour négocier le traité de paix avec les prussiens.

La population parisienne est hostile à l'arrivée des allemands dans la capitale prévue pour le1er mars. Des barricades sont constituées autour des quartiers dont les allemands doivent prendre possession. Les parisiens font évacuer la population de ces quartiers et retire les canons de la garde nationale qu'ils ne veulent pas rendre à l'ennemi. Ainsi, les allemands défilèrent place de la Concorde, dans un Paris silencieux et désert; ils se replièrent le lendemain.





Les parisiens parquent les canons de la garde nationale (L'Illustration de 1871, dessin de J. Gaildreau et Smeetom)




Maladroitement, Thiers décide de supprimer les journaux révolutionnaires, de poursuivre les activistes du 31 octobre, d'abolir la suspension de paiement des loyers et crédits en cours, de supprimer la solde de la garde nationale, et de reprendre ses canons. Il fait afficher la proclamation suivante : " Des hommes malintentionnés affichent la prétention de vous défendre contre les prussiens, qui n'ont fait que paraître dans vos murs. Ils braquent des canons, qui s'ils faisaient feu, ne foudroieraient que vos maisons, vos enfants et vous-mêmes; et compromettent la République, au lieu de la défendre, car, s'il s'établissait dans l'opinion de la France que la République est la compagne nécessaire du désordre, la République serait perdue ! Tant que dure cet état de choses, le commerce est arrêté, les commandes qui viendraient de toutes part sont suspendues, vos bras sont oisifs, le retour au travail et à l'aisance sont empêchés."

Le 18 mars, il tente de reprendre de force ces canons avec la division en armes autorisée par les prussiens, et de reprendre le contrôle militaire de Paris. Mais il est battu par la population et la garde nationale qui se soulèvent spontanément (sans l'influence des chefs révolutionnaires), et qui occupent les principaux monuments de Paris. Le gouvernement, et les troupes régulières qui ne se rallient pas aux insurgés, se réfugient à Versailles. C'est la commune ...


Le traité de paix fut signé le 10 mai 1871 à Francfort. La France devait verser 5 milliards, céder l'Alsace et une partie de la Loraine; les départements servant de gage à la dette française furent libérés au fur et à mesure des versements. Les derniers versements furent versés en septembre 1873, et les derniers allemands quittèrent le territoire français.

Cette guerre aura coûté aux allemands : 47 000 morts soit 14% des affectifs, dont la moitié sont morts de maladie. Et 128 000 blessés, 100 000 malades.
Elle aura coûté au français : 139 000 morts au combat ou de maladie, 143 000 blessés, 320 000 malades; ces chiffres plus lourds que les allemands, comprennent aussi les civils touchés par les bombardements et la famine.